Quoi faire de 100 millions d’euros ?
Par Moi Tout Seul le jeudi, février 25 2010, 19:28 - vie paisible
Dans ma recherche quotidienne de vie paisible (perplexe mais cool, telle est ma devise), la question de l’argent me paraît cruciale, quoi qu’en dise ma femme qui me serine que là n’est pas la question, que ce qui compte c’est comment je me sens à l’intérieur-dedans, même sans fric, etc…N’empêche !
Ceci dit, j’ai vu où elle voulait en venir et j’ai bien réfléchi à la somme que j’imaginais nécessaire pour être débarrassé du souci. Du coup, j’ai découvert en moi un double besoin, ou plutôt disons deux niveaux de besoins.
Niveau 1 : le niveau petit bras, celui de la grande majorité des gens qui estiment avoir «ce qu’il faut » et être heureux avec. Un ou deux placements pépères à 2%, la retraite qui tombe, une bonne routière bien suffisante pour aller voir les enfants dans le Loir et Cher, un chez soi pour tous les jours et un studio dans le midi pour les vacances. Pas d’envies, pas de frustrations, la recette idéale pour mourir de son vivant. Ca, je n’ai pas, je serais content d’avoir, mais je ne suis pas sûr que j’en tirerais un intense sentiment de bonheur et d’accomplissement personnel. D’où le deuxième niveau.
Niveau 2 : le niveau « baguette magique ». 100 millions d’euros, à moi, rien qu’à moi, de la part de ma marraine la fée, qui - la salope - soumet toutefois son cadeau à une condition : « Voilà 100 briques, mais faut me les claquer en… disons un an, sinon, ça disparaît. Et interdiction de mettre le moindre centime sur un compte épargne. Compris mon biquet ? A toi de jouer». Là-dessus, elle fait claquer son fouet et disparaît dans le ciel au volant de son Spitfire rose de la dernière guerre patiemment restauré.
Bon, un an, c’est long et c’est court, mais l’enjeu de jouissance est fort, faut pas se rater. Il va falloir la jouer futé si je veux un maximum de. Ca mérite de sacrifier deux ou trois jours à y penser dans le calme. Je fonce chez mon vieil oncle qui gère une maison close pour aveugles dans le Cantal, et trois jours plus tard, je sors avec mon Moleskine à fermeture caoutchoutée. Dedans, y a écrit ça :
Objectif 1, dit «l’angélique »: participer modestement à un changement heureux au sein du Grand Inextricable, je veux dire le monde tel qu’il est.
Objectif 2, dit « le diabolique » : tout remettre en jeu lors d’un grand concours ouvert à tous (un seul prix : les 100 briques) dont je définis moi-même les règles sauvagement machiavéliques.
En ce moment, je me bats contre moi pour savoir duquel j’ai le plus envie. Mon psy m’aide un peu, mais il m’a prévenu que ça risquait d’être long. Putain, c’est dur d’être riche.