Conseiller « muni d’ses poils »
Par Moi Tout Seul le mercredi, février 24 2010, 18:57 - desserte locale
J’habite un village - disons Joigny-les-deux-bouses et n’en parlons plus - qui comptait 253 habitants au dernier plouf-plouf. Pour administrer le susdit, 11 conseillers municipaux, dont moi (je suis un conseiller « muni d’ses poils » selon la bonne blague). 11 pour 253, c’est beaucoup, mais c’est comme ça, c’est constitutionnel. 6 gars, 5 filles pour ne s’occuper d’à peu près rien puisque le peu qu’il y a à faire est efficacement torché par la secrétaire de mairie, fonctionnaire territoriale payée par la République. Le seul un peu occupé, c’est le maire.
Le maire doit aller à pleins de réunions que les vraies instances dirigeantes qui comptent lui imposent. Il en revient en disant qu’il n’a rien compris mais qu’il faudrait prendre une délibération pour dire qu’on est d’accord. Prendre une délibération, en langage municipal, ça veut dire voter. Donc la secrétaire de mairie nous convoque, nous autres les 11, on y va et on vote à 100 % d’accord. Et puis on ouvre une bouteille de blanc qu’on se partage.
C’est dément. J’ai accepté en 2008 de faire partie de la seule liste en présence parce qu’ils n’arrivaient pas à trouver les 11 (11/ 250 = 4 % de la population !). J’ai accepté parce que je suis un mec sympa, du genre bonbond’accord. Aujourd’hui, je me dis que j’aimerais bien ne pas recommencer (en 2014…), mais j’ai peur de vexer en ayant l’air de faire mon intéressant.
Encore une perplexité qui se rajoute à mon mille-feuille. C’est bien, ou c’est pas bien, un conseil municipal ? Ca évite les petits dictateurs de campagne, les coups en douce entre politiques locaux et gros paysans pour se partager les subventions, ça permet au citoyen d’avoir au moins un interlocuteur officiel à qui parler… Et puis c’est gratuit, un conseiller municipal, alors même si ça ne sert à rien… Mais dans les faits ? Etat + Député + Elu local (Département et/ou Région) + Notaire (surtout à la campagne !) + Maire (un pro, devenu compétent en Droit constitutionnel) et basta, c’est eux qui décident de tout, de toutes façons.
En 2014, j’abandonne.