Je rentre de Paris, où je n’avais plus mis les pieds depuis des mois, puisque je vis dans une campagne. Mes impressions ? Deux choses m’ont impressionné.

      1) A Paris, les femmes sont belles, incomparablement plus belles qu’ici (si j’exclue ma femme, qui est la seule jolie femme à des kilomètres à la ronde, et c’est justement ça qui m’a frappé à Paris : le nombre de femmes aussi belles que la mienne).

      2) A Paris, les chiens ressemblent à des touristes. Je veux dire qu’ils n’ont pas l’air d’être du coin. Ils paraissent égarés, traînés de force, attachés à un Toutour Operator sadique, tristes, chiens battus. J’ai réfléchi là-dessus (sur l'histoire des chiens parisiens. Sur la beauté des femmes, ce sera plus tard) et il m’est apparu (dès que je réfléchis, des choses m’apparaissent, je suis un miroir) que s’il y a une différence importante entre la ville et la campagne, c’est bien celle qui concerne les animaux et les rapports qu’on entretient avec eux.

      A la campagne les animaux sont de vrais partenaires, sur lesquels on peut compter, alors qu’en ville, les animaux sont, au mieux, des substituts affectifs (des totottes à poils) et, au pire, des adversaires. Il y a une relation rurale aux animaux. Elle est faite de proximité de vie, d’attention sérieuse et responsable, de soutien mutuel et de respect. L’animal de campagne, c’est la vie. Même s’il s’agit au final de le vendre, de le tuer, de le manger, il représente quelque chose de vital et, d’une certaine façon, de sacré, parce que cette relation s’inscrit dans l’histoire de l’humanité.

      L’animal de ville au contraire, généralement un chien ou un chat, a perdu cette condition sacrée et il le sait. Il a été jeté sur le trottoir, il en souffre et il se venge en posant partout ses crottes anti-personnelles. Il n’est plus qu’un objet de transfert affectif pour des humains perdus de douleur. On ne le respecte plus. Il est la putain de son maître, c’est affreux.

      Et qu’on ne vienne pas me dire qu’à Paris les chiens constituent l’ultime rempart à la solitude. Il y a d’autres moyens de lutter, comme l’alcoolisme, la poterie, ou les clubs échangistes.

     On devrait faire comme ce groupe de libération des nains de jardin, kidnapper les chiens et les relâcher dans la campagne, où ils vivront une vraie vie animale, de combats territoriaux, de fornication, de chasse au gibier, de courses haletantes dans une nature autrement plus excitante que le canapé du salon ou la banquette arrière de la Mégane.

      A Paris, les chiens vivent comme des bêtes.

      Brisons leurs laisses et condamnons leurs geôliers à de lourdes amendes ! Les municipalités urbaines pourront consacrer des budgets de nettoyage de trottoirs désormais inutiles à l’ouverture d’ateliers de poteries ou de clubs échangistes.